L'aqueduc romain du Gier

L'aqueduc se situe en région Rhône-Alpes, entre les villes de St-Etienne et Lyon. Cette dernière fut très importante à l'époque gallo-romaine car c'était la capitale des Gaules.

Le départ exact de l'aqueduc se situe à St-Chamond et sur 85 kilomètres, il amenait l'eau du Gier à Lyon, au sommet de la colline de Fourvière où se trouve un théâtre antique

De nombreux vestiges de l'aqueduc existent encore sur le parcours. En consultant les photos que j'ai faites, vous pourrez avoir un aperçu de ces magnifiques ruines qui je l'espère resteront encore debout pendant de nombreuses années.

Beaucoup de fouilles restent à faire pour découvrir d'autres vestiges. L'urbanisation importante de la région a détruit beaucoup de sites mais on peut penser qu'ils en existent encore, car cet aqueduc a été construit en grande partie enterré.

Il a été répertorié une trentaine de ponts, quatre siphons, des tranchées, des murs et des arches.
La dénivellation entre St-Chamond et Fourvière est de 100 mètres environ, ce qui donne une pente régulière de 1 mm au mètre. Quand on sait que les ingénieurs n'avaient pas les moyens modernes d'aujourd'hui, on peut penser que leur méthode de mesure était très fiable. Les principaux instruments de mesure étaient le " chorobate " pour la visée, la " groma " pour le calcul des angles et la " dioptre " pour calcul des angles et visée.

C'est sous la conduite des responsables archéologiques qu'un dimanche de mars 2000, j'ai parcouru ce tracé de Chagnon à Lyon et photographié ces monuments qui ont environ 2000 ans d'existence.

Quatre aqueducs alimentaient la ville de Lyon, d'après les experts, c'est l'aqueduc du Gier qui est le mieux conservé et le plus technique.

Commençons la visite :

Cliquer sur les images pour les agrandir

Le début de la découverte commence à Chagnon, charmant petit village blotti au fond de la vallée où coule une petite rivière, la Durèze.

Nous nous arrêtons près de l'église où se trouve la "Pierre de Chagnon". Encastrée dans une façade de l'église, cette pierre a permis de dater la construction de l'aqueduc. Elle porte des inscriptions romaines, qui déchiffrées donnent le texte suivant :

" Par ordre de l'empereur César Trajan Hadrien Auguste, personne n'a le droit de labourer ou de semer ou de planter dans cet espace de champ destiné à la protection de l'aqueduc "
Découverte en 1887, au cours de travaux, elle mesure approximativement 1,60m de haut, 0,60 m de large et 0,25 m d'épaisseur. On estime que la construction de l'aqueduc date de 2000 ans.

 

Entrée du tunnel

Après une descente rapide vers la rivière la Durèze, nous entamons l'ascension d'un sentier escarpé qui nous amène à l'entrée du tunnel de l'aqueduc. Cet endroit s'appelle la " Cave du curé ", terme qui ne désigne rien, car la traversée du tunnel ne ressemble pas à une cave. Après avoir passé l'ouverture en partie comblée, ( photo de gauche ) nous voici dans le tunnel aux dimensions approximatives de 1,6 m de large par 2 m de haut. A la lumière des torches électriques, nous découvrons le canal avec sa voûte en parfait état de conservation. ( Dimensions 1,60 m de haut par 0,60 m de large), sans voir l'ouverture de sortie ( le canal épouse la forme de la montagne ), un dernier regard sur l'entrée, puis à la lueur des lampes électriques nous commençons la traversée sur une longueur de 60 m environ. En période pluvieuse, c'est le bain de pied dans le milieu du tunnel, il est préférable de prendre des bottes pour effectuer la traversée. Après ce petit exercice, nous voyons enfin la sortie.

 

Direction le village de Leymieux où se trouve le réservoir de chasse. Après avoir repris les voitures nous arrivons au réservoir situé à 200 m en contrebas de la route, sur la colline opposée au village de Genilac où devait se trouver le réservoir de fuite. Celui-ci possède 7 orifices sur sa façade aval pour le départ des tuyaux de plomb qui sur 900 mètres de longueur emmenaient l'eau dans le réservoir de fuite de Génilac. La vallée de la Durèze était traversée par un pont-siphon dont il ne reste aujourd'hui, que des débris de piles envahies par les buissons.

 

 

Direction la vallée du Bozançon près de St-Maurice-sur-Dargoire.
Après avoir laissé les voitures sur la route qui va à Jurieux, nous entamons une descente rapide pour découvrir le pont canal des Granges qui est un bel ouvrage bien que détruit en partie par le temps. Trois arches avec parement en réticulé s'offrent à nos yeux. A l'origine il y avait 5 arches qui permettaient de franchir une vallée de 28 m. Sa hauteur est environ de 10 m.

Un peu plus loin se trouve le pont canal de Jurieux ( plus difficile à trouver dans les bois ) qui possède ses 3 arches avec leur parement réticulé. L'ouvrage est long d'une quinzaine de mètres avec une hauteur au radier de 3 m.

 

En descendant au fond de la vallée, près du ruisseau le Bozançon et en remontant sur 300 mètres, on découvre une pile solitaire de 17 mètres de haut. Ici, le parement réticulé est bien conservé et la pile est partagée par des arases doubles en briques rouges qui assuraient l'élasticité de celle-ci.

 

Retour aux voitures pour l'étape suivante dans le village de Mornant.

A Mornant, nous découvrons en contrebas de la route le Pont du Mornantet, dont il reste une arche portant le canal. La particularité de ce site est que l'aqueduc effectue un virage presque à 70 degrés pour aller s'enterrer sous le village de Mornant. On peut voir un regard sur le passage du canal enterré, regard qui servait à l'entretien.

Nouveau départ pour Soucieu-en-Jarrest où l'aqueduc n'est plus enterré. Cet aqueduc suit un chemin rural qui est fréquenté par les visiteurs, pour aller admirer l'arche du Chameau, ( photo de gauche ) cette arche restante a le profil d'un chameau comme on peut le voir en cliquant sur le lien. Nous trouvons un peu plus loin, une série d'arches sur une longueur de 50 mètres environ.

Nous arrivons à la traversée de la vallée du Garon qui se faisait par un pont siphon. Ce pont très imposant par ses piles d'une hauteur de 20 mètres et de son tablier d'une largeur de 7 m qui supportaient dix tuyaux en provenance du réservoir de chasse, traversent la vallée du Garon. La particularité des deux dernières piles provient de l'obturation de celles-ci. Les ingénieurs romains pour renforcer la structure ont décidé d'obturer les évidements comme on peut le voir sur la photo prise sous l'arche. ( photo de droite )

 

Après avoir vu le réservoir de fuite de " La Gagère " dont il ne reste que quelques ruines, nous arrivons à Chaponost où se trouve une série d'arches hors sol. ( photo de droite ). A l'extrémité de ces arches, nous trouvons le réservoir de chasse à près de 15 mètres de hauteur qui fait un angle de près de 90 ° par rapport à l'alignement des arches. Le rampant est très bien conservé et l'on peut voir son parement réticulé ainsi que les arases en briques rouges. ( photo de gauche )

Le chemin est encore long pour arriver à Fourvière, malheureusement la pluie en fin de journée m'a empêché de prendre des photos sur les aqueducs de Beaunant et le théâtre romain de Fourvière. Ce n'est que partie remise et dans quelques semaines, avec le soleil nous aurons des vues encore plus belles.

Cette page Web a pour but de faire découvrir une belle randonnée où l'on se replonge dans le passé pour admirer la technique de construction des ingénieurs romains. Pour plus de précisions, sur la technique, les pierres de constructions, il faut se connecter sur des sites web qui traitent des aqueducs romains en France et à l'étranger ou se procurer des ouvrages élaborés par des passionnés d'archéologie.

Le but de ce site Internet n'est pas de faire un exposé historique sur la construction de l'aqueduc, des spécialistes du Groupe Archéologiques Forez-Jarez de St-Etienne ont fait des recherches très poussées pour découvrir les matériaux, les techniques de construction etc…
Je remercie les responsables du Groupe Archéologique de Forez-Jarez de St-Etienne de m'avoir fait connaître ces vestiges.

 

 

 

Visiteurs....

E-mail : daniel.bergero@wanadoo.fr

Retour au sommaire